Pourquoi nous avons besoin d’une théorie de la « désintégration »

Par Erik Jones, professeur à la Johns Hopkins School of Advanced International Studies.

Le vote britannique en faveur de la sortie de l’Union européenne a fait émerger une nouvelle dynamique politique en Europe. A défaut de meilleur terme, appelons-là « désintégration ». Cette dynamique interroge, en particulier car nous n’avons que peu de connaissances sur les différentes forces en présence et les motivations qui la sous-tendent. La désintégration, ce n’est pas l’inverse de l’intégration. Nous ne pouvons pas simplement nous servir des différents modèles ou interprétations de ce qui a conduit les pays européens à s’unir et les appliquer à rebours afin de comprendre pourquoi ces mêmes pays se désunissent. Nous ne pouvons pas non plus utiliser l’expérience passée comme ne serait-ce qu’un guide nous permettant d’anticiper les évènements à venir. Sans théorie de la « désintégration », nous en sommes réduits à des conjectures et des suppositions. Et eu égard à l’incapacité de la majorité des observateurs à prédire le vote britannique, j’ai la conviction que la plupart de nos suppositions s’avèreront fausses. A ce jour, nous évoluons encore en terrain inconnu. Continuer la lecture de Pourquoi nous avons besoin d’une théorie de la « désintégration »

Questions préjudicielles et situations purement internes : le mode d’emploi de la CJUE

Par Marie Gautier-Melleray, maître des requêtes au Conseil d’Etat, agrégée de droit public

La Cour de justice de l’Union européenne a rendu en grande chambre le 15 novembre 2016 (aff. C-268/15, Ullens de Schooten) un arrêt qui va grandement simplifier la vie des juges nationaux tentés par une question préjudicielle pour résoudre un litige a priori cantonné à l’intérieur de leurs frontières et celle des professeurs de droit chargés d’expliquer à leurs étudiants ce qu’est une situation purement interne. Continuer la lecture de Questions préjudicielles et situations purement internes : le mode d’emploi de la CJUE